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12 marques et produits à arrêter de consommer en 2019 (si ce n’est pas déjà fait)

12 marques et produits à arrêter de consommer en 2019 (si ce n’est pas déjà fait)

Dans cet afrotop (article sous forme de liste), nous avons décidé de nous pencher sur plusieurs marques/enseignes qui ont la fâcheuse tendance à prendre la communauté Noire pour des c*ns !

Parce que oui, il faut le dire, il n’y a pas d’autre expression à utiliser pour qualifier ce qui va suivre. Et encore on est soft !

Alors on a distingué deux solutions plausibles à ces conneries :

  • Soit le service marketing/communication de ces marques est incompétent. Puisque à aucun moment il y en a un qui s’est dit « Mais les gars ce produit/cette pub/ces propos/cet acte, ça peut pas passer ! C’est discriminatoire et raciste, On ne peut pas montrer/dire ça au grand public ! ». Il y a donc de quoi sérieusement se poser des questions sur leurs méthodes d’inspiration et sur leur manière de brainstormer.
  • Soit, au contraire, ils sont très compétents et ils savent ce qu’ils font. Explication : Ils ont compris comment faire parler d’eux à moindre coût, parce qu’ils savent que les gens et en particulier la communauté qu’ils visent vont s’indigner de leurs bêtises. Mais ils assument totalement puisqu’ils agissent dans ce sens. Ils assument leur bad-buzz, qui pour eux, en fait, n’en est pas un. Parce qu’en général leur cible d’achat ce ne sont pas les noirs. Bah oui, il faut dire ce qui est ! Alors qu’on boycotte ou pas leurs produits, eux ils s’en fichent. Pourquoi ? Parce que premièrement ils auront réussi à faire parler d’eux en minimisant leurs coûts publicitaires. C’est là une belle (évidemment pour eux, pas pour nous) façon de faire un remarquable retour sur investissement ! Et deuxièmement, ils gagneront des sous parce que la plupart des gens continueront à acheter leurs produits. Entre les nouveaux consommateurs qui ne connaissaient pas la marque mais qui la connaissent maintenant grâce à ce bad-buzz, ceux qui se fichent clairement de la cause des Noirs, ceux qui sont coupés du monde et qui n’ont pas entendu parleur de l’histoire et ceux qui sont amnésiques, il y a largement de quoi faire exploser et perdurer leur chiffre d’affaires.

Peut-être que c’est l’une ou l’autre explication selon la marque. À toi de juger.
À toi aussi de juger si tu souhaites boycotter ces marques.

En attendant voici la liste, non exhaustive (il y en a d’autres, parce que c’est devenu une habitude pour eux) des marques et produits à arrêter de consommer en 2019 (si ce n’est pas déjà fait).

On te prévient d’avance, la lecture est longue !

1/ BET FRANCE – Une chaîne sur la culture Noire sans présentateur Noir

Les animateurs Hedia Charni, d’origine franco-maghrébine ainsi que Raphäl Yem, d’origine cambodgienne qui étaient annoncés pour le lancement de BET France.

BET (pour Black Entertainment Television), a été créée en 1980 par Robert L. Johnson, un homme d’affaires afro-américain. Cette chaîne américaine est entièrement consacrée à la culture noire afin de répondre à un besoin de visibilité et de réappropriation de celle-ci.

Le 17 novembre 2015, la version française de la chaîne BET (appelée BET France) a vu le jour. Pourtant, malgré son identité historiquement communautaire, aucun animateur noir n’avait été prévu sur cette chaine. En effet, en octobre 2015, lors du pré-lancement de BET France, dans le cadre d’une bande annonce, les téléspectateurs ont pu découvrir les futurs présentateurs de la chaîne, Hedia Charni, d’origine franco-maghrébine ainsi que Raphäl Yem, d’origine cambodgienne.
Suite à cela, de nombreuses protestations ont émergées sur les réseaux sociaux, notamment sur les pages Facebook populaires de NOFI et NegroNews.
Lors d’une interview réalisée par Totem Experience, Christian Dzellat, le fondateur de NOFI, s’était même exprimé sur le sujet en s’indignant sur cette affaire : « on va faire historiquement la chaine de télé des noirs, créée par un noir, mais sans vous. C’est comme si tu avais un beur FM, et t’as pas d’arabes ».

Face à l’ampleur de cette polémique, la chaine avait expliqué « qu’elle n’avait pas souhaité se tourner directement vers un genre précis d’animateurs, car la chaîne se définit comme ouverte, non communautaire et qui s’inscrit dans la France multiculturelle et dans sa diversité sociale ». Elle avait aussi déclaré dans un communiqué sur sa page Facebook que « des projets étaient en cours et d’autres présentateurs issus de la black culture rejoindraient l’antenne ».
Cependant, nous avons une petite question qui nous taraude l’esprit : Si la chaine voulait se définir comme « ouverte, non communautaire et qui s’inscrit dans la France multiculturelle et dans sa diversité sociale », alors pourquoi ouvrir en France une chaine communautaire (ce n’est pas comme si c’était un secret, hein) qui, à la base, a pour identité, racine et empreinte absolue la culture noire ?
Qui peut y répondre ? Parce que cette question est très sérieuse !

Malgré l’effort de la chaine pour embaucher des présentateurs noirs (suite à cette polémique, nous le rappelons car sans cela, cette action n’aurait pas été mise en place), le mal est déjà fait ! Comment peut-on importer une chaine afro-américaine, consacrée à la culture noire et volontairement ne pas mettre de présentateur noir ? Ils veulent clairement la culture noire, mais sans le noir lui-même.
Alors libre à toi de regarder cette chaine maintenant qu’ils ont embauché des noirs pour faire passer la pilule. Parce que de notre côté, désolé BET France, mais nous ne sommes pas convaincus ! Et il y a d’autres chaines faites par les Noirs et pour les Noirs dont on se contentera bien ! Merci !

2/ Guerlain – « Les nègres n’ont jamais travaillés » !

Interview de Jean-Paul Guerlain lors du journal de 13h du 15 octobre 2010 sur France 2 pour la promotion de son nouveau parfum « Samsara ».

La polémique Guerlain remonte au 15 octobre 2010. Jean-Paul Guerlain avait été interrogé sur le plateau du 13h de France 2 pour la création de son parfum Samsara, et il avait répondu ceci : « Pour une fois, je me suis mis à travailler comme un nègre. Je ne sais pas si les nègres ont toujours tellement travaillé, mais enfin… »
Suite à des plaintes déposées par des associations de lutte contre le racisme Jean-Paul Guerlain est passé devant le tribunal correctionnel de Paris. Il a alors présenté ses excuses et tenté de se justifier à la barre en tenants ces propos : « Je suis tout sauf raciste ! » ; « Je présente toutes mes excuses à la communauté noire pour cette imbécillité. » ; « J’ai voulu faire rigoler la journaliste et je le regrette. »
Ah, donc maintenant, pour faire rire les gens il faut faire des blagues racistes et sur l’esclavage ? Ah d’accord ! On n’était pas au courant !
Si on ne doit pas faire de blague sur la Shoah, alors on ne doit pas non plus faire de blague sur l’esclavage. C’est logique non ?


De plus, ni Élise Lucet, la présentatrice de l’époque, ni la régie n’a réagi aux propos de ce monsieur lors du direct. Élise Lucet a évidemment joué la sourde en disant « Je n’ai pas entendu la deuxième partie de la phrase. Soit quelqu’un m’a parlé dans l’oreillette -on me dit régulièrement combien de temps il me reste-, soit je n’ai simplement pas compris. » 
Elle a également assuré que personne en régie n’avait relevé ces propos, à cause d’un « problème avec le reportage, il y avait une certaine agitation ».

Encore une fois, le mal a déjà été fait. Puis, de toute façon, les excuses de J.P Guerlain ainsi que d’Élise Lucet ne tiennent pas la route. Donc face à ces propos « nauséabonds » (le comble pour un parfumeur), il nous paraît évident qu’il ne faille plus se parfumer avec des parfums nommés « Insolence », « La Petite Robe Noire », « Shalimar », « L’Homme Idéal ». En fait, tout produit venant de cette marque nauséabonde.

3/ Mango – #BijouxStyleEsclave

Capture d’écran du site Mango où étaient exposés les bijoux « Esclave ».

En 2013, Mango, une marque de prêt-à-porter espagnole avait commercialisé des bracelets et des colliers.
Tu te diras que jusqu’ici tout va bien et qu’il n’y a là aucun problème. Commercialiser des bracelets et des colliers il n’y a rien de plus normal quand on souhaite diversifier sa marque. Sauf quand on commercialise des bracelets et des bijoux appelé « Esclave », en raison de leurs ressemblances aux chaines que portaient les esclaves. Ces bijoux formés de chaînes étaient censés faire de l’esclavage un objet de fantaisie et de mode. Mais « L’esclavage n’est pas un style ». Les internautes se sont donc indignés sur Twitter. Une pétition avait aussi été créée par l’ex Miss-France Sonia Rolland, l’actrice Aïssa Maiga et la chroniqueuse Rokhaya Diallo afin que Mango retire cette parure de bijoux.

Après de nombreuses plaintes, les bijoux ont fini par être retiré du site et Mango a réagi sur son compte Twitter, en donnant pour excuse « une erreur de traduction ». Une excuse qui ne nous semble, encore une fois, pas valable et pas du tout justifiée !
Du coup, Mango ? NEXT !

4/ Banania – « Y’a bon Banania »

« Y’a bon » : Slogan de Banania qui signifie « c’est bon » en français tirailleur.

Banania est une marque française de boissons et de produits chocolatés qui a été créée en 1914. Pendant un certain temps, le slogan de Banania a été « Y’a bon » (« c’est bon » en français tirailleur). Cette marque en apparence anodine à en fait une profonde signification. En 1914, leur logo illustre un bon vieux tirailleur sénégalais tout sourire et content de mourir pour la « mère-patrie ». L’homme Noir est dans le rôle du clown arborant un large sourire. Ce sourire n’a strictement rien à voir avec un sourire commercial. Il répond à une croyance occidentale dans laquelle l’homme Noir est toujours associé au ridicule, à la fantaisie, à la bêtise. C’est cette vision réductrice de l’homme Noir qui est profondément raciste.

Même si le logo a changé plusieurs fois entre 1914 et 2004, et que la marque a décidé d’abandonner son slogan « Y’a bon Banania », l’image véhiculée est restée très caricaturale. Depuis 1914, la marque exploite cette image avilissante qui est à l’origine de son succès. Dans l’imaginaire occidental, l’homme Noir est un sauvage qui par la grâce de l’homme blanc est passé au statut de « civilisé ».
Alors, on espère que tu n’en n’as jamais consommé. Si c’est le cas, arrête ça tout de suite !

5/ Damoiseau – Le néocolonialisme décomplexé

Hervé Damoiseau, patron de la distillerie Damoiseau.

Le rhum Damoiseau, créé par la famille Damoiseau, est une des distilleries les plus emblématiques de l’île de la Guadeloupe.
Pourtant, en 2009, Hervé Damoiseau, patron de la distillerie Damoiseau, avait tenu des propos révoltants lors d’un conflit au sein de son entreprise, qui l’opposait à l’UGTG (organisation syndicale guadeloupéenne), pour des meilleures conditions de travail de ses salariés en Guadeloupe : « Et puis, puisqu’on se plaint autant de la Guadeloupe et de son système, eh ben, les Guadeloupéens sont en grande partie Sénégalais, qu’est-ce qui leur empêche d’aller visiter le Sénégal, pour voir si on est mieux au Sénégal qu’en France puisque le pouvoir colonialiste est si désagréable que ça.»

Evidemment, le fait qu’Hervé Damoiseau assimile les Guadeloupéens aux Sénégalais n’est pas choquant. Ce qui est choquant c’est qu’il puisse sortir de tels propos en sachant que la Guadeloupe a un passé colonialiste. Aucun africain n’a demandé à être emmené de force dans les Caraïbes pour y être réduit en esclavage. C’est comme s’il disait que les antillais n’étaient pas chez eux aux Antilles et qu’ils devraient rentrer en Afrique (Ou comme si un français Blanc aurait pu dire à un français Noir de rentrer chez lui en Afrique s’il n’est pas content d’être mal traité en France). Pourquoi les Noirs devraient-ils rentrer « chez eux » pour faire plaisirs aux racistes ?

N’ayant pas amélioré son cas, Hervé Damoiseau a récidivé en tenant d’autres propos abjects sur les Noirs au micro d’un journaliste, qui lui faisait remarquer que ses machines étaient relativement anciennes. Il a répondu « c’était ça, ou continuer de mettre quelques nègres sous le fouet, et vu que ce n’est plus possible… » 
Il serait donc temps pour nous, d’ouvrir les yeux et d’arrêter de consommer des produits appartenant à la famille Damoiseau, qui on le rappelle, sans les guadeloupéens, serait dans l’incapacité de faire tourner sa distillerie.

6/ Kiabi – Les déguisements Zoulou

Capture d’écran du site Kiabi où étaient exposés les déguisement zoulou.

Pour ceux et celles qui ne savent pas, Kiabi est une marque française de distribution de prêt-à-porter.
Bon ok, Kiabi c’est pas trop cher, mais quand on sait ce qu’ils ont fait, on évite et on va acheter ailleurs !
Et oui, Kiabi n’a pas froid aux yeux puisqu’en février 2014, il a osé mettre en vente des costumes de déguisement zoulou, avec une perruque afro, un os dans les cheveux, et une tenue noire à franges et motif zébré sur le torse.

Sur les photos qui ont permis d’illustrer les déguisements, la femme porte un os et l’homme une sagaie. Tout cela avec pour argument commercial « La préhistoire est une époque lointaine, mais si vous aimez l’ambiance décalée, ce déguisement zoulou est fait pour vous ! »

Suite à cela, de nombreux internautes se sont indignés en dénonçant l’amalgame entre la préhistoire et l’Afrique. Ils ont également dénoncé des femmes et des hommes Blancs peints en noir, ce qui renvoi incontestablement au blackface.
Comme toujours (après qu’une marque ait fait une gaffe), la marque Kiabi s’est excusée en affirmant qu’il s’agissait « d’une offre spécifique mise en avant pour le carnaval ». Et s’est dit être «sincèrement désolé que ce déguisement puisse heurter la sensibilité de la communauté africaine». Et enfin, assurer que «ce n’était bien évidemment pas leur objectif».

Bref, tout ça pour dire que notre culture n’est pas un déguisement et qu’on ne les excuse pas non plus. Kiabi c’est no way !

7/ Nivea – Polémiques sur polémiques

Même le secteur de la beauté n’est pas épargné. La marque de beauté Nivea, a, elle aussi créé une polémique sur la toile, et ce, à trois reprises. Ce qui fait beaucoup pour une marque qui se dit « désolée » à chacun de ses faux pas.

En effet, en 2011, il y a eu une publicité où la marque a mis en scène un mannequin Noir aux cheveux rasés et soignés, s’apprêtant à jeter son « ancienne » tête, coiffée d’un afro et d’une barbe, avec le slogan « re-civilisez-vous ». Ce qui bien entendu, a provoqué de fortes réactions de la part des internautes.

Tara Jaye Frank on Twitter

I was done with #Nivea when they asked #Blackmen to re-civilize themselves. #racist #nothanks #fairerskin #theyrenotsorry #Germancompany

Nivéa s’est quand même excusé en tenant les propos suivants : « Nous sommes vraiment désolés. […] Dès que nous nous sommes rendus compte du problème, nous avons retiré la campagne. […] Notre marque représente les valeurs de diversité, de tolérance et d’égalité des chances. »
Et bla bla bla et bla bla bla. Désolé Nivea, mais ça ne marche pas avec nous !

Toujours de la part de Nivéa (décidemment), en avril 2017, Nivéa a encore une fois mis en scène une publicité douteuse pour vendre son déodorant « invisible for Black & White ».

« White is purity » : le slogan publicitaire imaginé par Nivéa pour vendre son déodorant « invisible for Black & White ».

On y distingue une femme (de type caucasien sûrement) de dos avec un message écrit en grand au milieu de l’affiche « White is purity », en français « Le blanc c’est la pureté ». Elle a rencontré un franc succès auprès des suprémacistes blancs (tiens c’est bizarre ça). Et franchement, ça se passe de commentaires !

Enfin (on dit ça comme si c’était la dernière et que ça n’allait plus jamais arriver), lors d’une campagne de publicité diffusée au Ghana, au Sénégal, au Cameroun et au Nigéria en octobre 2017, on voit une ancienne Miss Nigéria affirmer « J‘ai besoin d’un produit en lequel je peux avoir confiance pour restaurer la clarté naturelle de ma peau ». Elle ajoute « Maintenant, j’ai une peau visiblement plus claire, qui me fait me sentir plus jeune ». Lorsqu’elle se met de la crème Nivéa sur la peau, celle-ci s’éclaircit fortement.

https://www.instagram.com/p/BVAgRG3B6C2/?utm_source=ig_embed

C’est un message tendancieux envers le public cible afro féminin qui véhicule l’image qu’une peau claire est beaucoup plus belle et jeune qu’une peau foncée. Un peu douteux non ?

D’ailleurs on se demande comment elle a pu accepter ce rôle. Alors soit elle l’a su au dernier moment. Mais bon quand même, tu pouvais toujours refuser ma chérie. Ou bien l’odeur de l’argent a été trop forte pour elle… Va savoir.

Donc comme Nivéa l’a souhaité dans l’une de ses pubs, « re-civilisez-vous » et ne consommez plus de produits Nivéa. Merci bien.

8/ Versace – Code D410

Les employés de Versace utilisent le code secret « D410 » pour signaler la présence des clients Noirs dans leur boutique.

Versace est une marque de mode de luxe italienne.
Un ancien employé de la maison italienne, Christopher Sampino, a affirmé qu’un code existait pour signaler la présence des clients Noirs dans la boutique. La raison ? La marque se méfie tout simplement de ses clients Noirs. Alors pour pallier ce problème, lorsqu’un client Noir entre dans la boutique, les employés utilisent le code secret « D410 ». Le code « D410 » est habituellement utilisé pour la référence d’une chemise noire vendue par la marque.

De plus, selon CNN, le jeune homme a été licencié à la suite d’une séance de formation. Étant choqué par cette consigne discriminante (et on le comprend), il a rétorqué à son formateur : « Vous savez que je suis afro-américain ? ». Deux semaines après cette séance de formation, il a été licencié aux motifs qu’il avait des lacunes en matière de « compréhension du luxe » et de manque de « connaissance de la vie luxueuse ».
Evidemment, la marque a nié tout ceci.
Alors bon, si tu as les moyens de t’acheter du Versace, économise ton argent pour autre chose.

9/ Manix – « Osez être plus proches avec Manix Zero Imperceptible »

L’une des affiches pour la gamme de préservatifs Manix Zero affichée dans le métro parisien.

S’il y avait bien un secteur où on ne s’y attendait pas c’était dans le secteur des préservatifs.
Depuis fin décembre 2017, Manix s’est retrouvé au milieu d’une polémique suite à une pub qu’il a mis en scène.
L’une des affiches pour la gamme de préservatifs Manix Zero affichée dans le métro parisien est en effet raciste. On y voit une jeune femme Blanche posant fièrement sa main sur la tête d’un jeune homme Noir au large sourire, qu’elle domine. Le slogan : « Osez être plus proches avec Manix Zero Imperceptible. »

Les internautes se sont indignés en expliquant en quoi cette publicité était raciste : « l’image reprend les codes des photos de trophée de chasse. L’homme est représenté comme une proie : la femme pose une main dominatrice et condescendante sur la tête de ce dernier. »
Pour eux, « avec son slogan, la marque encourage à « oser la proximité sexuelle que représenterait l’homme noir. Fantasme enfin envisageable, grâce à Manix qui nous protège des contaminations que l’on peut risquer avec un homme Noir. » D’autres interprètent cette publicité par le fait que « le problème ici est la position de l’homme Noir que la femme Blanche semble féliciter pour bon comportement ».
La marque Manix a donc posté le 7 janvier 2018 sur sa page Facebook ses excuses : « Nous sommes désolés si certaines personnes ont été offensées par une des images de notre campagne. Nous ne voyons pas Noir ou Blanc. Nous voyons des personnes ! …»

Alors, n’oublie pas de te protéger. C’est important ! Mais si tu as une petite estime de soi (rien qu’une petite), tu penseras à d’autres marques de préservatifs. Ce n’est certainement pas ce qui manque !

10/ H&M – The coolest Monkey in the jungle / Mannequins noirs

Capture d’écran du site H&M où étaient exposés les sweats à capuche vert « The coolest Monkey in the Jungle ».

Début 2018, H&M a fait parler de lui avec sa publicité qui met en scène un enfant Noir portant un sweat à capuche vert «The coolest Monkey in the Jungle», en français « Le singe le plus cool de la jungle ».

De nombreux internautes se sont indignés face à cette pub clairement raciste. Sur son compte Twitter, une certaine Widad.K., a mis en opposition un autre pull de cette collection (porté par un jeune garçon blanc), accompagné du tweet suivant : « Le « singe le plus cool » et « l’expert en survie », je vous laisse deviner qui incarne l’animal et qui incarne l’explorateur chez H&M ».

Widad.K on Twitter

Le  » singe le plus cool  » et  » l’expert en survie  » je vous laisse deviner qui incarne l’animal et qui incarne l’explorateur chez H&M…

Si de nombreux internautes se sont indignés c’est bien parce que depuis des siècles, les noirs sont traités et assimilés aux singes par les racistes.
Mais le faux-pas de la marque ne s’arrête pas là, puisque, en 2015, H&M avait déjà été accusé de racisme.
H&M n’en est donc pas à son premier coup d’essai.
En effet, à cette époque la marque avait ouvert son deuxième magasin en Afrique du Sud. Après avoir visité le premier magasin H&M au Cap, une blogueuse sud-africaine avait interpellé le géant du prêt-à-porter sur Twitter. Dans son message, la jeune femme avait remarqué qu’« aucune des affiches du magasin ne représentait de mannequin noir », et avait demandé que des efforts soient faits en ce sens.

Gugulethu Mhlungu on Twitter

Terrible explanation from H&M SA on why there’s all of two Black models in their marketing

En réponse, H&M lui a indiqué qu’il est « essentiel [pour la marque] de véhiculer une image positive ». Et d’ajouter dans un autre message : « Nous voulons que notre marque puisse inspirer, en provoquant des émotions positives ».
Face à ces paroles douteuses envers la jeune femme, de nombreux internautes ont accusé H&M de racisme. Nous les comprenons puisque que cette réponse semble suggérer que les mannequins Blancs inspirent et renvoient une image positive, contrairement aux mannequins Noirs.

H&M s’est finalement excusé sur Twitter (pour ne pas changer), indiquant que son « intention n’était pas de blesser », et que la marque « ne souhaitait absolument pas suggérer que certains groupes ethniques soient positifs et d’autres non ».

hmsouthafrica on Twitter

H&M regrets the response to a social media message that was recently aired and wishes to clarify the intention.

H&M a fini aussi par s’excuser sur son compte Instagram et via un communiqué de presse concernant l’affaire du sweat à capuche vert, en indiquant « qu’elle allait étudier en profondeur pourquoi cela est arrivé afin d’éviter que ce type d’erreur ne se reproduise » (tu parles ils savaient très bien ce qu’ils faisaient). Le sweat en question n’est donc plus en vente, ni sur leur site internet ni dans leurs magasins.

Malgré des excuses NON ACCEPTABLES de la part de la marque H&M, c’est définitif, elle n’aura plus notre argent !

11/ Prada –  Des objets à connotation raciste

Vitrine où les produits Pradamalia faisant allusion au blackface étaient exposés, au quartier de SoHo, à New York.

Décembre 2018, La marque de luxe Prada a jugé utile de commercialiser des porte-clés, des coques pour téléphones portables, des tee-shirts utilisant un motif qui ressemble aux caricatures du « blackface ».

Le « blackface » (en français « grimage en Noir » ou « maquillage en Noir ») pour ceux qui ne le savent pas est « une forme théâtrale américaine de grimage ou de maquillage pratiquée dans les minstrel shows, puis dans le vaudeville, où un comédien blanc incarne une caricature stéréotypée de personne noire. »
Au 19ème et au début du 20ème siècle, les acteurs Blancs se maquillaient le visage en noirs avec des yeux écarquillés et des lèvres rouges épaisses pour ridiculiser les Noirs et les présenter également comme ignorants, naïfs et paresseux.

Mais Prada a joué la carte de l’ignorance (ou pas) et a pensé bon de commercialiser ces produits du nom de « Pradamalia ». 
A l’époque, c’est une passante avocate du nom de « Chinyere Ezie » qui avait la première dénoncé la vitrine où les produits étaient exposés au quartier de SoHo à New York.

Chinyere Ezie

I don’t make a lot of public posts, but right now I’m shaking with anger. Today after returning to NYC after a very emotional visit to the Smithsonian National Museum of African American History…

Comme d’habitude, pour respecter le rituel, Prada s’est d’abord défendu en affirmant que les produits étaient « des créatures imaginaires sans référence intentionnelle au monde réel et certainement pas au blackface ». Ils ont ensuite annoncé via les réseaux sociaux qu’ils retireraient les objets de la vente.

C’est lorsque la polémique a enflé sur les réseaux sociaux avec notamment des appels aux boycotte de la marque, qu’ils ont pris une décision radicale : « La ressemblance de nos produits au blackface n’était pas du tout intentionnelle, mais nous reconnaissons que cela n’excuse pas les dommages causés. Désormais, nous nous engageons à améliorer nos formations à la diversité et nous allons former immédiatement un conseil consultatif pour guider nos efforts en matière de diversité, d’inclusion et de culture. » ; « nous nous engageons à examiner les procédures qui ont mené à ce que de tels produits arrivent sur le marché. Et à faire don des recettes de ces produits à une organisation new-yorkaise qui lutte pour la justice raciale, une valeur en laquelle nous croyons fermement. »
Et bla bla bla et bla bla bla et bla bla bla….

Alors si on décortique leurs propos :
– Bon déjà, la partie où ils disent « La ressemblance de nos produits au blackface n’était pas du tout intentionnelle », on saute ! Parce que, bon, faut pas nous prendre pour des jambons !
– Ensuite, ils attendent qu’une histoire de cette envergure arrive pour se dire « Ah tiens ! C’est vrai qu’il y a de la diversité dans ce monde ! C’est vrai qu’on est pas tout seul sur cette planète les gars ! ». Et nous dire qu’ils vont s’engager à améliorer leurs formations à la diversité et former immédiatement un conseil consultatif pour guider leurs efforts en matière de diversité, d’inclusion et de culture. Certains nous dirons mieux vaut tard que jamais. Sauf que là, clairement, non ! Vaut mieux tôt que tard !
– Puis, quand ils nous disent « nous nous engageons à examiner les procédures qui ont mené à ce que de tels produits arrivent sur le marché », là encore, non ! Ça c’était bien avant qu’il fallait le faire. Ça devrait même faire partie intégrante de leur processus de commercialisation.
-Enfin, quand ils nous disent « nous nous engageons à faire don des recettes de ces produits à une organisation new-yorkaise qui lutte pour la justice raciale, une valeur en laquelle nous croyons fermement. »
Euh non ! Pas du tout ! Si lutter pour la justice raciale est pour vous une valeur en laquelle vous croyez fermement, alors vous n’auriez pas commercialisés ces produits. Point !

Alors Prada, il faudrait peut-être arrêter d’être hypocrite et de mentir.
De la même manière que Versace, si tu as les moyens de t’acheter du Prada, économise ton argent pour autre chose.

12/ Gucci – Un pull qui fait allusion au blackface en plein mois de l’histoire des Noirs

Pull commercialisé par Gucci qui représente un Blackface.

Dernier en date à l’heure où l’on écrit cet article : Gucci.
Gucci, c’est le dernier de la bande qui a décidé lui aussi de faire partie de la team #JeSuisRacisteMaisJeNeLeFaisPasExprès !

Bon premièrement on a hésité à le mettre dans la liste. Parce que d’une part leur pull est horrible, immonde, affreux, dégueulasse, tout ce que tu veux. Sérieusement, au-delà de son allusion au « blackface », quel est l’énergumène qui va acheter ce genre de pull ? Il aurait pu être blanc et rouge qu’il serait toujours aussi horrible. D’autre part, parce qu’on s’est rendu compte, que si on estime que ceci représente un « blackface » c’est qu’on accepte de ressembler aux caricatures auxquelles ils aiment nous représenter. Sauf que nous savons tous (enfin les gens intelligents) que les Noirs ne ressemblent pas du tout à ça.

Mais bon, nous nous devons quand même de te rappeler que ce sont des marques auxquelles il ne faut plus prêter attention car comme les autres, elles se jouent de nous pour faire parler d’elles.

Pour lui aussi respecter le rituel, Gucci a d’abord mis en ligne le pull sur son site. Puis ils ont attendu que la sauce prenne. Et ça a marché puisque les gens se sont indignés sur les réseaux sociaux.

Rashida Reneé on Twitter

Balaclava knit top by Gucci. Happy Black History Month y’all.

La marque a alors choisi de retirer le pull de la vente sur le site et en boutique. Et s’est excusée sur son compte Twitter :

gucci on Twitter

Gucci deeply apologizes for the offense caused by the wool balaclava jumper. We consider diversity to be a fundamental value to be fully upheld, respected, and at the forefront of every decision we make. Full statement below.

« Gucci s’excuse profondément pour l’outrage causé par le pull passe-montagne en laine. Nous pouvons confirmer que l’article a été immédiatement retiré de notre boutique en ligne et de tous nos magasins physiques, nous considérons la diversité comme une valeur fondamentale qui doit être soutenue et respectée, et au premier plan de toutes les décisions que nous prenons. Nous nous soucions de développer la diversité à travers notre entreprise, et considérons cet incident comme une importante leçon donnée à l’équipe Gucci et au-delà ».

Une énième fois, « bullshit ».
Nous tenons à souligner (ou rappeler) que c’est lors du « Black History Month » (Le Mois de l’histoire des Noirs) qu’ils ont décidé de sortir leur pull atroce. Coïncidence ou non ? Nous avons déjà notre réponse à cette question.
Une grande marque comme Gucci – et après tant de polémiques soulignées sur le « blackface » – ne peut pas faire l’autruche. Ils savent très bien ce qu’est un « blackface ». Donc, en commercialisant ce pull, ils savaient très bien ce qu’ils faisaient.

Aussi ce qui est triste c’est que beaucoup de Noirs, notamment les rappeurs Noirs américains, consomment cette marque. Certains rappeurs comme 50 cent ont même appelé au boycotte de la marque sur les réseaux sociaux en brûlant leurs vêtements Gucci.
Mais sachant cela, Gucci s’est délibérément foutus d’une partie de ses consommateurs et des Noirs en général.

Alors ce qu’il nous reste à faire, c’est de boycotter toutes ces marques en silence pour ne pas leur donner une quelconque importance.
Et surtout de dépenser le plus possible notre argent dans les entreprises de nos frères/soeurs noirs. Au moins comme ça, on est sûr de ne pas devoir faire face à autant de moqueries et de mépris de la part des marques.

Qu'en penses-tu ?

Écrit par la rédaction

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